Notre éleveur de porcs

Petit interview de Georges Raimbourg, notre éleveur de porc depuis mai 2014 :

Les P’tits paniers : « Pouvez-vous vous présenter ? 

– Georges Raimbourg : Bonjour, j’ai 59 ans et je suis éleveur de porcs sur paille dans une petite exploitation d’un hectare environ situé à Toussaint, près de Fécamp. Cette ferme appartenait à mon grand-père, puis à mon père qui élevaient tous deux des vaches laitières. Lorsque j’ai repris l’exploitation, j’ai décidé de passer aux cochons parce que je les trouve plus sympathiques ! Je me suis donc lancé dans l’élevage de porcs sur paille car cette méthode traditionnelle permet à mes bêtes de circuler librement dans des espaces propres et paillés tout en respectant davantage l’environnement puisque la paille absorbe le lisier. Ainsi, nous inscrivons notre élevage dans une démarche de développement durable. Autre précision, j’élève des cochons qui sont un croisement de la race anglaise Large White et de la belge Land Race.

– Parlez-nous de votre mode d’élevage.

Tout d’abord, il faut vous expliquer que dans la filière porcine, il existe deux types d’éleveurs : les naisseurs, qui gèrent la naissance et la vente des porcelets, et les graisseurs, qui nourrissent ces porcelets jusqu’à leur abattage. Pour ma part, je suis naisseur-graisseur, car cette double activité me permet de contrôler toutes les étapes de la production et ainsi de garantir une viande de bonne qualité. Concrètement, nous avons 120 truies que nous gardons jusqu’à l’âge de 7-8ans. Par rotation, nous les faisons saillir par nos verrats de sorte que les mises bas surviennent toutes les trois semaines. Puis, nos porcelets sont engraissés pendant 180 jours et abattus pour leur viande.

– Que mangent vos bêtes ? 

Mes porcs sont nourris aux céréales sans OGM. Ils ne reçoivent ni farines ou graisses animales, ni antibiotiques activateurs de croissance. Comme nous, ils ont besoin d’énergie et de protéines pour grandir. Je leur donne donc du blé et de l’orge pour leurs besoins énergétiques et des tourteaux de colza et de soja pour les protéines. Je précise que le soja que j’utilise pousse dans le sud de la France. La qualité de la viande évolue au fil de l’année : en hiver, la viande est plus grasse et en été, plus musclée.

– Pourquoi pas en bio ?

J’y ai pensé, bien sûr, mais le coût des céréales bio est si élevé que mes produits deviendraient trop chers pour être vendables. Il faudrait donc que je produise moi-même la nourriture de mes cochons mais la petite surface de mon exploitation ne me permet pas de m’engager vers cette solution.

– Quels sont vos débouchés pour écouler votre viande ?

Lorsque je me suis installé, j’ai commencé par vendre l’ensemble de ma production aux grandes surfaces. Cependant, ce type de circuit paye mal car il ne valorise pas la qualité de la viande, la main d’œuvre et le travail nécessaires à sa production. Économiquement, ce n’était pas viable. C’est pourquoi, depuis 1999, je privilégie les circuits courts et la vente locale. Actuellement, nous livrons (avec vous) 9 AMAPs et le magasin de producteurs « De la Ferme au panier » à Épreville. Nous vendons en moyenne 30 cochons par semaine.

– À quoi ressemble une journée type pour vous ?

Je me lève généralement à 6h du matin. De 7h à 12h30, je m’occupe des bêtes : nettoyage des cases, remplacement de la paille chaque semaine, distribution des céréales. L’après-midi est généralement dédié à l’entretien du matériel (réparation des barrières, etc.) jusqu’à 20h environ, sauf les mercredi après-midi où je tiens le magasin de producteurs « De la Ferme au paniers ».

– Quel aspect de votre travail vous semble le plus compliqué ?

Actuellement, l’abattage de mes bêtes est un vrai casse-tête car notre région est sous-équipée en abattoirs spécialisés dans le porc. En conséquence, nous n’avons d’autre choix que d’utiliser l’abattoir d’Houdan, près de Versailles.

Jusqu’à présent, notre viande est découpée par un grossiste. Cependant, nous avons pour projet d’intégrer prochainement cette étape dans notre processus de production afin d’améliorer encore la traçabilité de notre viande. Pour cela, nous avons déjà réuni le matériel nécessaire et deux jeunes bouchers tentés par l’aventure. Il nous reste encore à trouver un local.

– Avez-vous quelques conseils pour nos Amapiens par rapport à la conservation de vos produits ?

Oui, je livre mes colis en cartons mais la viande fraiche n’est pas mise sous vide comme pour vos autres producteurs à cause des risques de fermentation qui sont plus fréquents avec le porc. Autrement dit, soit vous consommez rapidement vos produits, soit vous les congelez. Dans ce cas, c’est à vous de conditionner les morceaux dans des sacs de congélation hermétiques.

– Merci Georges pour cette interview ! À bientôt !

– Merci à vous ! J’en profite pour vous inviter à visiter mon exploitation dans le cadre de l’opération « De ferme en ferme » les 25 et 26 avril prochains. Au plaisir de vous rencontrer à cette occasion ou lors de notre première livraison le mardi 5 mai ! »

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